Cameroun, June 2009

Journée de l'enfant africain : Les petits défendent leurs droits

article by Dieudonné Gaïbaï et Iliassou Kpoumié (Stagiaire)

A Maroua, on a sensibilisé sur les violences faites aux filles; à Yaoundé, les orphelins ont retenu l’attention.

Le témoignage d'une jeune fille qui vient de réussir à son examen et qui ne peut poursuivre ses études en raison de ce qu'elle doit être donnée en mariage a ému plus d'un hier, dans la cour de l'école publique de Djarengol Kaïgama. Un témoignage repris dans des scénettes et des poèmes à l'occasion de la commémoration de la journée de l'enfant africain. Une occasion pertinente pour l'association de lutte contre les violences faites aux femmes (Alvf) qui conduit depuis de nombreuses années dans la Région de l'Extrême-Nord, des programmes destinés à tordre le cou aux violences faites aux femmes et aux filles dans l'Extrême Nord.

Comme cette jeune fille, elles sont nombreuses les enfants de la partie septentrionale qui peinent à conduire leurs études à terme. Motif pris de ce que les pesanteurs socioculturelles sont encore grandes. Mais davantage parce que, les parents n'ont toujours pas intégré l'importance de l'éducation formelle pour le destin de leurs progénitures. Préférant au passage l'épanouissement des garçons au détriment des filles. Ce que l'Alvf assimile à de véritables violences contre la jeune fille. A l'occasion de la même journée qui a été célébrée hier, à Yaoundé, la commission nationale des droits de l'Homme et des libertés (Cndhl) en cette 19ème journée de l'enfant africain placée sous le thème : "Une Afrique digne des enfants : appel à une action urgente pour leur survie", a rendu visite aux orphelins de la fondation famille chrétienne (Fact) de Mvog-Ada et à l'Association restauration sans frontière de Nkolbisson.

Message

Ils se sont prêtés à des échanges avec les responsables de ces structures en compagnie des enfants. La petite Akola Mbogué Sandrine n'a pas manqué l'occasion d'adresser un message à tous les parents : "Quand tu as ton enfant, même s'il est comment, il ne faut pas l'abandonner, il faut le laisser chez soi". Une interpellation poignante quand on sait que le thème retenu cette année pour la célébration de cette 19ème édition de la journée de l'enfant africain remet en question la survie des tous petits et leur bien-être relatifs aux dispositions des nations unies et de l'Union africaine, à savoir "prendre toutes les mesures nécessaires en vue d'assurer la survie, la protection et le développement des enfants". C'est d'ailleurs pour cette raison que la Cndhl a entrepris de focaliser son attention sur l'effectivité du droit à la protection qui intègre la sauvegarde des enfants contre les enlèvements, le trafic et la traite, l'exploitation, les abus et violences de toutes sortes, la protection et l'accès à l'aide et programmes humanitaires.

A Maroua, les jeunes filles soutenues par l'Avlf ont quant à elles formulé des messages à l'endroit des nombreux invités aux manifestations que présidait le Sous-préfet de l'arrondissement de Maroua 1er. Il faut donc visiblement que cela cesse. Les brigades de dénonciations mises sur pied par l'Alvf ont dit être conscientes des problèmes rencontrés par la jeune fille. Elles qui ont pris le parti de se faire l'écho des frustrations des jeunes filles à l'école et hors de l'école. De jeunes mères présentes à la cérémonie d'hier ont quelque fois sous cape écrasé une larme, lorsque les propos peut-être innocents, mais poignants ont été formulés. Viol, inceste, harcèlement, excision…sont aussi des violences dont sont victimes les jeunes filles. L'évocation de l'expérience d'une maman dont la fille a été violée à quatre ans a davantage suggéré la mobilisation de tout le monde. Parce que d'après Mme Aissa Doumara chargée des programmes à l'Alvf, "c'est un devoir pour la société de se mobiliser contres ces violences à l'école et hors de l'école."

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